Tout en évoluant au cœur de forces contradictoires, l’homme, guidé par ses besoins, s’applique à tracer son chemin, à se développer. Il aspire à se réaliser ou à vivre bien, tout simplement. C’est un parcours au cours duquel il va d’abord se construire par mimétisme, dans la dépendance puis se libérer, repousser les influences, s’individualiser et s’autonomiser,  et enfin prendre sa place dans le monde. La notion de confiance en soi occupera une place prépondérante dans la réussite de ce processus.

En effet, d’un coté la pression du milieu qui l’accueille, sa famille et son histoire, la société et sa culture constituent la trame rigide qui imprime sa marque sur l’individu, initie des injonctions puissantes et détermine une personnalité, des comportements. De l’autre, les forces innées et puissantes d’un instinct millénaire, l’héritage d’un patrimoine génétique, d’un tempérament, d’un corps qui représente les contraintes avec lesquels il lui faut composer, tout au long de son existence.

Chacun de nous se présente donc au seuil de l’âge adulte modelé par la multiplicité des messages qu’il a reçu et ingéré, ligoté par l’inné, déjà riche de croyances sur la vie et les gens, sur nous-mêmes, d’expériences. C’est pourtant avec ce capital, ce vécu, qu’il faut donner un sens à sa vie ou tout du moins, occuper son temps. C’est ainsi que l’on se donne des buts, des objectifs que l’on pense pouvoir atteindre.

C’est à l’occasion de ce premier grand tournant de l’existence, que notre capital de confiance en soi, va orienter nos premiers choix. Qui suis-je et de quoi suis-je capable ? Quelle opinion ai-je de moi ? Quelles sont mes potentialités, mes capacités ? Selon le niveau de ce capital, certains décideront de se faire confiance et de s’atteler à la réalisation de leurs aspirations, d’autres réévalueront à la baisse leurs perspectives d’avenir en justifiant de façon rationnelle leur choix.

La jauge de notre capital confiance s’avère différente selon qu’il s’agisse du domaine de l’activité professionnelle, de la sphère privée sentimentale, de nos relations en général. En effet, certains pourront se sentir sûrs d’eux et de leurs ressources face à des objectifs professionnels ambitieux mais démunis et même paralysé à l’idée d’envisager une relation intime de qualité avec tel homme ou telle femme. D’autres se sentiront en marge de leurs collègues de bureau, incapables de mener des relations satisfaisantes, qu’ils s’estiment incompris et rejetés ou supérieurs.

La confiance en soi est un processus de construction qui évolue tout au long de notre vie. En règle générale, elle augmente avec le temps. Elle se bâtit à partir de nos croyances et sur la succession de nos expériences, lesquelles se gravent dans notre mémoire au niveau de leur contexte, de leur contenu et surtout de l’émotion qui y est associée. Qu’il s’agisse d’un spectacle de fin d’année où nous avons été applaudis à tout rompre ou d’une humiliation devant nos petits camarades par un adulte, chaque détail de l’événement reste gravé en nous à jamais.

Puisque nous parlons de capital, nous pouvons donc imaginer que nous aurions un compte : capital confiance, avec une colonne crédit et une colonne débit. Dans la colonne crédit, des croyances positives et les expériences valorisantes qui font ressortir nos qualités, nos talents, nos compétences. Plus nous accumulons d’expériences positives dans un domaine, plus elles renforcent ce sentiment de certitude qui fait que, face à une nouvelle situation, nous savons que nous pouvons y répondre. Dans la colonne débit : les croyances limitantes, les expériences douloureuses qui mettent en exergue nos incompétences, nos défauts, nos manques. L’expérience négative, l’échec activera le sentiment de doute, de peur et renforcera les croyances négatives que nous pouvons entretenir sur nous-mêmes, sur notre histoire.

A suivre…